Divers modes de chasse, en Ile de France et ailleurs…

janvry_4258_credit_felipe.SanguinettiDu perdreau au chien d’arrêt, en passant par la passée aux canards, la vénerie du cerf, le hutteau sur le littoral, ou le lièvre au chien courant, la chasse en France revêt de nombreuses pratiques. En voici un petit inventaire:

La battue
Pratiquée dans certaines régions françaises pour les perdrix, les faisans, les lièvres, etc. Des rabatteurs, armés ou non, poussent le gibier vers une ligne de tireurs postés.

La chasse devant soi.
C’est la chasse de plaine par excellence, qui se fait souvent avec un chien. La chasse avec chien d’arrêt concerne essentiellement le gibier à plumes (faisans, perdrix, bécasses, faisans, etc.). Le chien d’arrêt (Braques, Setters, Griffons, Épagneuls, Pointers, etc. ….) prend l’odeur du gibier, l’approche, et marque l’arrêt jusqu’à l’arrivée du chasseur. Un grand chien d’arrêt est particulièrement appréciable en plaine. La chasse avec chiens « leveurs de gibier » se pratique avec des chiens très vifs et très ardents comme le Springer ou le Cocker. Ils peuvent travailler dans tous les types de milieux mais excellent dans les broussailles, fourrés, ronciers, etc. Ils trouvent le gibier (le lapin, le faisan, la bécasse) mais ne l’arrêtent pas et le font partir sans le poursuivre.

La chasse devant soi sans chien
On chasse ainsi les alouettes, les grives, les pigeons, les merles, en parcourant les parcelles de cultures ou de vignes, en longeant les haies, etc.

La billebaude
Le chasseur parcourt le territoire à la recherche du gibier, avec un objectif précis ou à la  » Billebaude « , avec ou sans chien. C’est une chasse paisible, au rythme de la nature.

La chasse aux chiens courants
Le gibier chassé est le lapin et le lièvre. Cette chasse tient à la fois de la vénerie et de la battue. On lance des chiens à la poursuite du gibier et le chasseur se poste à proximité d’un passage qu’il a repéré.

La poussée silencieuse de grand gibier
Lors d’une poussée silencieuse, les traqueurs avancent sans bruit excessif, et sans chien. Les animaux sont dérangés mais ne sont pas pourchassés. Ils se présentent devant les fusils postés sans être en fuite, ce qui permet de bien les identifier pour mieux choisir les animaux. C’est une variante de la battue qui se développe dans un souci de meilleure gestion de la faune animale.

La battue de grand gibier
C’est le mode de chasse au grand gibier le plus répandu en France. Traqueurs et chiens rabattent bruyamment le gibier vers une ligne de tireurs postés. Les espèces chassées sont principalement le sanglier, le chevreuil, le cerf, et, parfois en zone forestière, le chamois, l’isard et le mouflon. Des chiens peuvent être utilisés: des chiens courants (Grand Griffon vendéen, Bruno du Jura, etc.) ou des chiens de « petit pied » (Teckel, Fox, etc.).

La chasse au vol
On utilise des faucons pour la chasse de haut vol (le faucon pique de haut sur sa proie) et des autours, éperviers, ou aigles, pour la chasse de bas vol (le rapace poursuit sa proie à l’horizontal). Les obstacles pour l’exercice de la fauconnerie sont nombreux : d’abord réglementaires (détention d’espèces protégées) puis cynégétiques : l’entretien de l’oiseau exige beaucoup de temps, de savoir et des territoires giboyeux. Cette chasse utilise l’instinct prédateur des rapaces spécialement affaités (dressés) pour chasser le petit gibier à plumes, les corvidés et des mammifères (lapins essentiellement).

La chasse à l’arc
Tous les types de gibiers peuvent être chassés à l’arc (sanglier, cerf, chevreuil, lapin, lièvre, ragondin, rat musqué, oiseaux). Cette chasse à tir est silencieuse ; particulièrement difficile, elle demande une connaissance parfaite du milieu et des animaux. C’est en effet à quelques mètres seulement qu’il faut approcher le gibier avant de décocher une flèche. Le matériel, notamment les pointes de flèches, doit être spécialement adapté. On utilise un arc comme arme de chasse. On chasse à l’affût ou à l’approche.

Chasse à l’affût
Ce mode de chasse permet l’identification précise de l’animal. Elle se pratique essentiellement au lever du jour ou au crépuscule, souvent du haut d’un affût (mirador). On se dissimule dans des secteurs fréquentés par les animaux. Les gibiers chassés sont : le sanglier, le cerf, le chevreuil, le renard.

Chasse à l’approche ou pirsche
Le chasseur explore un territoire, seul, en silence et à bon vent, pour parvenir à portée de tir d’un animal. Se pratique a pied, pour rechercher et approcher le gibier. L’usage de jumelles permet une bonne identification de l’animal avant le tir. Les animaux chassés sont principalement le chevreuil, le cerf, le sanglier ou, en montagne, le chamois, l’isard, le mouflon.

La chasse aux chiens courants
Cette chasse tient à la fois de la vénerie et de la battue. On lance des chiens à la poursuite du gibier et on se poste pour tirer à proximité des coulées fréquemment utilisées par le gibier. Elle concerne le renard, le chevreuil, le cerf et le sanglier.

La recherche au sang
Des chiens de sang spécialement dressés sont essentiellement des Teckels, des Rouges de Hanovre, voire des Labradors. Cette discipline permet de suivre la piste d’un gibier blessé avec un chien spécialisé. Les chiens de sang sont capables de suivre une piste 48 heures après le tir et de retrouver l’animal mort ou blessé à plusieurs kilomètres de l’endroit où il a été tiré.

La chasse à l’affût
Le chasseur, immobile, utilise souvent des appeaux (sifflets) ou appelants (vivants ou factices) pour attirer des alouettes, grives, pigeons et vanneaux. Ces oiseaux peuvent être chassés à l’affût sur les axes de passage ou les lieux de repos. On se cache et on attend que le gibier passe à portée de tir.

La chasse à la passée
Tôt le matin ou le soir au crépuscule, le chasseur se dissimule à proximité du passage présumé des canards, entre leurs zones de repos et de gagnage. On se cache là où le gibier d’eau passe le matin et le soir. Un chien de rapport (labrador) est souvent indispensable. Immobilité et camouflage sont les atouts essentiels.

La tenderie aux grives
C’est une chasse traditionnelle pratiquée en automne dans les Ardennes. On attrape des grives avec un collet en crin de cheval.

La chasse à la botte
C’est l’équivalent de la chasse devant soi en plaine. On prospecte les zones humides en essayant de surprendre le gibier d’eau. Le gibier est principalement la bécassine, que l’on chasse au chien d’arrêt dans les marais et prairies humides.

La chasse à la hutte
La « hutte » (Nord – Picardie) ou « gabion » (Normandie) ou « tonne » (Sud Ouest) est une installation fixe ou « flottante » bien camouflée au bord d’un plan d’eau. Le chasseur place des appelants (vivants et artificiels), qui incitent les canards à survoler le plan d’eau et à s’y poser. Depuis un affût spécialement aménagé, on fait poser les canards pour les tirer à portée. La chasse à la hutte se pratique surtout la nuit, en particulier dans les régions littorales et arrière-littorales.

La chasse au hutteau
En bord de mer, on se dissimule dans une cache et on attend que les oiseaux se rapprochent avec la marée. Le hutteau mobile, sorte de caisse allongée que l’on transporte sur deux roues amovibles sur le lieu de chasse, est un peu plus sophistiqué. Entre deux marées, le chasseur creuse une cache dans le sable dans laquelle, allongé sur une simple toile ou matelas de paille, il attend que les oiseaux se posent à proximité.
Le hutteau carré, réalisé avec une toile fixée par 4 piquets permet de tirer au passage, de jour.

La grande vénerie
Elle concerne le cerf, le chevreuil, le sanglier, le renard.
Il y a plus de 120 équipages aujourd’hui en France. Elle est pratiquée par des équipages de veneurs, les piqueux et les boutons, sous la direction d’un maître d’équipage. Avant de commencer la chasse, le piqueux doit localiser l’animal (souvent appelé le rembuché). Il fait rapport au maître d’équipage qui décide de l’animal dans la voie duquel ils seront lâchés. La meute est toujours spécialisée sur l’espèce de gibier recherchée. Les chiens utilisés en grande vénerie sont des grands chiens courants. En faisant le pied, la meute de chiens lance alors l’animal et le poursuit en donnant de la voix jusqu’à ce qu’il soit épuisé et qu’il se laisse prendre. C’est l’hallali. Ensuite l’animal est servi par le veneur.

La vénerie
On distingue la grande vénerie qui se pratique à cheval, la petite vénerie qui se pratique à pied et la vénerie sous terre. La grande et la petite vénerie (chasse à courre) consistent à prendre les animaux avec la seule aide d’une meute de chiens. Ce sont les chiens qui chassent le gibier, « appuyés » par les veneurs.

La petite vénerie
Cette chasse demande beaucoup d’expérience et d’endurance. Le veneur suit ses chiens à la course, les fait chasser et n’utilise pas d’arme.
Se pratique surtout sur le lièvre, le renard et le lapin. Le veneur est à pied. Les chiens sont de taille moyenne (anglo-français tricolore par exemple).

La vénerie sous terre
Après avoir introduit des chiens (Fox Terrier, Teckels, etc.) dans les gueules de terrier il faut suivre la chasse l’oreille collée au sol. Si les chiens parviennent à acculer le gibier, les hommes creusent pour capturer l’animal au fond du terrier. La vénerie sous terre, ou chasse sous terre, ou encore déterrage, consiste à capturer renards et blaireaux dans leur terrier.

La chasse en bateau
Elle se pratique en mer, sur les grands cours d’eau et sur certain lacs. Le moteur est interdit en phase de chasse et deux fusils maximum peuvent monter dans les embarcations. L’embarcation très légère à fond plat, est utilisée en mer. On approche le gibier d’eau avec un bateau.

Les pantes à alouettes
On attrape des alouettes avec des filets au sol.

La grive au poste de tir
C’est une chasse traditionnelle du Sud de la France. Le poste de tir est construit à proximité d’arbres au centre desquels sont fixées de longues perches surmontées de branches sèches déployées en éventail au-dessus des arbres. On tire des grives depuis une cabane aménagée spécialement. Des cages, contenant des appelants, sont suspendues aux arbres. Les grives se posent sur les cimes et sont alors tirées au fusil.

La chasse au miroir
Posté avec un fusil, on attire les alouettes au moment de la migration avec un leurre tournant, le miroir aux alouettes.

La chasse en battue de migrateurs
La battue est surtout pratiquée pour les foulques et les canards sur les grands étangs. Le rabat s’effectue avec des bateaux (le moteur est interdit). On rabat le gibier vers une ligne de tireurs postés.

Les palombières
Chasse traditionnelle du Sud-Ouest : on capture des palombes (pigeons ramiers) avec des filets au moment de la migration d’automne.
– Les cabanes de chasse à tir : cette chasse permet de tirer au fusil les palombes à partir d’une cabane implantée au sol ou sur un affut ou un arbre.
– Les pantes : construite dans les bois, la palombière à filets horizontaux est une cabane d’affût au sol d’où partent les couloirs de circulation. Au sommet de certains arbres alentour sont disposés des appelants. Aux abords des couloirs sont aménagées de petites surfaces sur lesquelles sont tendus des filets (les pantes).
– Les pantières : filets verticaux d’une largeur de 10 à 20 m et d’une hauteur inférieure à 20 m utilisées dans une dizaine de cols des Pyrénées au moment des migrations d’automne des palombes. Les pigeons sont contraints à suivre certaines vallées par des hommes agitant des banderoles sur les hauteurs.

La chasse au furet
Le furet est un petit mustélidé, comparable au putois, élevé et dressé par le chasseur. Il est introduit par le chasseur dans les terriers de lapins. On débusque le lapin de son terrier grâce à un furet.

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